La vague de désindustrialisation commence en France dès les années 1960 et entraîne la fermeture de nombreuses usines métallurgiques, sidérurgiques, textiles… avec de nombreuses conséquences économiques, sociales, spatiales et environnementales : « […] le tissu industriel français est passé à un rythme infernal de la modernisation à l’obsolescence, de la destruction à la relocalisation et à la redéfinition des activités » (Louis Bergeron, « L’âge industriel », Les lieux de mémoire, Gallimard, 1998, t. 3, p.3973)
La première réaction est de raser les sites pour faire oublier les blessures ; de nombreuses constructions sont détruites (comme les gazomètres qui en France ont complètement disparus) ainsi que les symboles des usines tels les toitures en shed, les cheminées, les ateliers … Les sites deviennent des friches désolées.
Au fur et à mesure des fermetures d’usines et de leurs destructions, émerge une prise de conscience face aux « paysages de ruines » et à l’effacement de la mémoire industrielle (disparition des archives et des savoir-faire, destruction des machines, des outillages…). Se mobilisent alors des citoyens concernés, des associations et des experts de différentes disciplines : ethnologie, archéologie, architecture, histoire des techniques, histoire économique et sociale, géographie.
Parmi les mouvements associatifs, le CILAC (*) créé en 1978 s’attache au patrimoine industriel, à ses traces matérielles et immatérielles : architectures, machines, acteurs (patrons et ouvriers), rapports sociaux et modes de vie. Il fédère les initiatives, publie une revue, organise des colloques, fait découvrir les sites industriels et contribue à leur sauvegarde.
(*) Comité d’information et de liaison pour l’archéologie, l’étude et la mise en valeur du patrimoine industriel)
Chrystèle Burgard

